ça fait longtemps que je voulais écrire un petit quelque chose ici sur ce que je ressens dans ma vie actuelle.
J'ai attendu un bon moment avant de me décider, et j'ai bien fait.
(Parce que sinon, ça aurait été trop mélodramatique.)
Note écrite après avoir tout rédigé : ce matin je me suis levée de bonne humeur. Et je le suis encore. Je m'efforce de pas être abattue. ça ne sert à rien de se lamenter sur son sort.
J'attends de voir ce que l'avenir me réserve. Et je l'attends avec le sourire.
Tout ça, c'est surtout histoire que ceux qui pensent encore à moi de temps à autre et qui passe encore ici une fois l'an aient un aperçu de moi.
Hier soir, je me suis dit qu'il serait temps que je le fasse, alors me voilà entrain d'écrire maintenant.
(Bien que c'était pas la première fois que je me disais ça).
D'abord, bonne année à tous. J'espère que vous serez tous très heureux cette année.
Quoi c'est ringard ? Tant pis !
J'espère juste que ceux qui lisent en ce moment cet article ne sont pas déjà partis en courant.
Par quoi commencer ...
hum.. Commençons par mon objectif.
J'espère sincèrement pouvoir à nouveau chérir mes souvenirs.
J'espère avoir un jour suffisamment de force pour repenser à ma primaire, à mon collège et à mon lycée sans pleurer.
J'ai toujours eu la chance, que dis-je, le privilège d'être entourée de gens merveilleux.
Pendant mon enfance, j'ai eu Doriane et mes amies du primaire (Elisa, Marine entre autres). Combien d'heures ai-je passé à jouer avec elles ? Combien de moments magiques ai-je vécus ? Je ne saurais le dire. On perd la notion du temps quand on est avec ceux qu'on aime.
Au collège, j'avais encore Doriane, et toutes ses amies à qui elle m'a présentée le premier jour. Je n'oublierais pas ce jour. J'ai aussi rencontré Clémence au collège dans les tous premiers jours. (le premier peut-être, je ne me souviens plus dans les détails). C'était un cours d'anglais ! ahh.. quel souvenir émouvant.
Et d'autres personnes se sont ajoutées. Encore et encore.
Ensemble, on a passé du temps. Des journées, des après-midi, des soirées. Que de bonnes choses sont restées dans ma tête.
Au lycée, il y a eu Orsec ! J'ai toujours le Dvd évidemment. Je n'ose pas trop le regarder encore. Je préfère ne pas y penser je crois. Et puis, grâce à Orsec, il y a Anaïs aussi qui a croisé ma route puis... Tichou et tous ceux qui était dans mes classes et tous ceux que j'ai connu par l'intermédiaire d'autres personnes.
ça en fait du monde ! Quelle aventure le lycée.
Et pourtant, même si je n'ai jamais été proche de tout le monde pareillement, j'ai toujours porté beaucoup d'affection à quiconque venant vers moi.
Etant donné ma personnalité un peu particulière, j'étais tout simplement heureuse à chaque nouvelle rencontre.
Après tout, je suis un peu 'bizarre' surtout distante avec les autres, peu bavarde -je ne sais jamais quoi dire, j'ai peur de passer pour une imbécile, ou d'ennuyer les autres-, et le plus lourd, c'est surtout mon un complexe d'infériorité extrêmement développé.
Pourquoi je raconte tout ça ?
Et bien, parce que je goute clairement à la solitude.
Penser à tous les moments que j'ai passé avec tous ceux qui m'ont acceptés par le passé me fait mal. Mais en même temps, penser à vous me rassure. Alors je hâte de trouver la force de chérir mes souvenirs avec vous pour 'vivre' plus pleinement.
Si jamais lire ça vous fait peur, c'est que je m'y suis mal pris.
Je ne suis ni au bord du suicide, ni sur le point de vous suppliez de me parler à nouveau.
Trop de gens sont morts sans pouvoir vivre. La valeur de la vie est trop importante pour bêtement se suicider.
De toute façon, j'ai toujours espoir de vaincre la solitude. Je compte aller en BTS à la rentrée prochaine. J'espère trouver là-bas quelqu'un qui me réapprendra à vivre.
Je voulais juste que vous sachiez que je pense toujours à vous tous qui avez été près de moi un jour dans ma vie.
(Même ceux de la fac que j'ai lâchement abandonné.
Surtout toi Cyrielle qui était si gentille avec moi... mais qui ne lira surement jamais ces lignes.)
Je pense toujours à vous et vos souvenirs me hantent, me brûlent, me font mal.
Je veux trouver la force de penser à vous tous sans pleurer. Je ne renoncerais pas.
Ecrire tout ça permet de me libérer un peu du poids de mes souvenirs. Mais, ce n'est qu'une bataille parmi d'autres.
Ma première bataille contre moi-même.
Parce que je n'ai jamais vraiment eu de volonté, ni de courage.
Fuir.
Je ne fais que fuir.
Fuir les autres tout en voulant fuir la solitude.
J'ai toujours fuis mes sentiments, fuis la réalité, fuis tout ce qui m'entoure.
Je ne fais que me cacher.
Est-ce parce que j'ai peur de quelque chose ? je n'en sais rien.
Peut-être ai-je peur de souffrir. Et bien, dans ce cas, ça aurait été un échec complet.
Parce que c'est en fuyant que je me fais souffrir toute seule.
J'aime me cacher. Je me suis toujours cacher.
D'abord, derrière mes parents, puis derrière mes amies.
Derrière une personne.
En primaire, c'était derrière Elisa.
Au collège, derrière Doriane.
Au lycée, derrière Clémence.
Et maintenant, je n'ai plus personne pour me protéger. Alors, je me cache des autres.
Pourquoi pensez-vous ?
Parce que je suis inférieure !
J'ai toujours, et je penserais toujours que je suis une moins que rien. Inférieure aux autres.
Aux autres qui sont si brillants. Aux autres qui attirent encore d'autres personnes.
Inférieure à ceux qui rayonnent avec leur propre volonté, avec leur propre personnalité.
Inférieure de tous. Le jour où je trouverai quelqu'un qui serait mon égal n'est pas arrivé.
J'ai honte de moi-même. J'ai toujours eu honte de moi-même de toute façon.
Je ne suis qu'un paradoxe ambulant.
Je veux des amis, mais je ne sors pas de chez moi.
Je veux vivre pleinement ma vie, mais j'aime la tranquillité.
Je veux trouver un but à ma vie, mais il change sans cesse.
Avant c'était 'je vis parce que mes parents voulaient un enfant', puis 'je vis parce que je suis née et puis c'est comme ça', et 'je vis parce que des gens ont besoin de moi' il y a eu aussi 'je vis parce que je pense que je dois le faire pour tous ceux qui n'ont pas eu cette chance' ...etc.
Beaucoup d'égoïsme dans tout ça.
Je pense que je suis tout simplement une personne plus qu'égoïste.
Je veux crier mon existence, je veux que quelqu'un sur cette terre est besoin de mon existence.
Vouloir un ami pour tromper la solitude et l'ennui. Que c'est triste de penser ça des autres.
Maintenant, le but de ma vie c'est plus devenu 'Je voudrais bien trouver quelqu'un à qui dire tout ça'.
Mais qui.
Ma soeur ? La pauvre petite, c'est à la grande de s'occuper d'elle, pas l'inverse.
Ma mère ? Elle a assez de problèmes elle-même.
Mon père ? Oulala... C'est dur de parler avec lui. Désolée papa. Ne le prend pas mal, ce n'est pas ta faute. Je crois que c'est génétique le manque de confiance en soi.
Ma belle-mère ? je suis pas assez forte pour le lui en parler. Et je n'ai toujours réussi à passer outre totalement ma haine injustifiée que je lui porte.
Le Sylvain ? hum.. je suis pas du tout proche de lui, et j'ai une mauvaise impression de lui. Désolé mon gars. Tes blagues machistes ont vraiment l'air sérieuses parfois, c'est très intriguant.
Mes chats ? avec eux, ça se passe de mots. Et puis, je doute qu'ils me répondent.
Un ami donc ? Tu parles ! Je n'ennuierai jamais quelqu'un avec mes états d'âme.
Le seul moyen pour moi de communiquer ce que je ressens face à la solitude, c'est de l'écrire.
Alors c'est peut-être pour ça que je le fais ici.
(D'habitude je faisais ça sur le bloc note de l'ordinateur. Je l'écris, je ferme sans sauvegarder. C'est comme ci mes soucis s'envolait en même temps que le fichier par dans les méandres des fichiers temporaires. Je ne le fais plus trop maintenant. Je le faisais plutôt au lycée.)
De toute façon, je vis dans la peur que quelqu'un me mette devant le fait accompli et vienne me parler de ça.
"Alors, tu n'as plus d'ami ? Raconte moi ce qui t'arrives, je pourrais peut-être t'aider !"
aaaah ! Même pas la peine ! Si quelqu'un me dit ça un jour, je fonds en larme direct et je m'enfuis à toutes jambes.
Le jour où j'ai été mise devant le fait accompli, j'ai eu l'impression de redécouvrir la nouvelle. Je l'avais tellement bien fuis que ça avait l'air réel. Je n'y pensais jamais. Je passais mon temps dans les livres pour ne pas penser, j'inventais des histoires dans ma tête dans mon lit avant de m'endormir pour ne pas y penser.
(Encore maintenant d'ailleurs)
Ce jour là, j'étais chez un médecin parce qu'il semblerait que ma thyroïde ai quelques ratés -enfin, je l'espère secrètement pour que ça explique ma prise de poids éclair depuis le lycée, mais ça n'a pas l'air d'être le cas-. Parlant de régime avec ma mère, la médecin aborde le sujet des sorties.
"Médecin: - Même si ce n'est que sortir avec ses amis, c'est pas suffisant comme activité physique pour son cas"
"Ma mère: - heeee... et bien... justement, elle n'a plus trop d'ami."
C'est tombé comme une pierre sur ma tête.
J'aurais voulu me mettre sous ma chaise, j'aurais voulu fuir cette pièce tout de suite.
Je me suis m'y à pleurer un peu, puis encore plus, jusqu'à perdre totalement le contrôle de mes larmes.
Dans la voiture, j'arrivais plus à parler tellement l'évidence que je fuyais à tout prix est arrivée devant moi.
Perte de contrôle totale de moi-même. ça n'arrive pas souvent ça.
Je dirais même que ça n'arrive jamais.
Je fais toujours en sorte d'avoir l'air correct, pas trop étrange, mais pas trop extravertie. Je fais toujours attention à ce que je dis, à ce que je fais, à ce dont j'ai l'air pour les autres. Contrôle total en quelque sorte.
Même si je suis pas vraiment sûr que ça soit vraiment le cas, je pense que je fais tout ça.
Tou ce que je veux, c'est être perçue comme quelqu'un parmi tant d'autres. Une personne normale. Une personne comme les autres, qui ne parait pas inférieure. (J'ai bien dit 'parait').
Comme quoi, tout est bien confus dans ma tête.
Revenons à l'histoire.
Une fois rentrée, je suis montée dans ma chambre et j'ai de nouveau fuis.
J'aime mes mangas, ce sont les seuls réconforts que j'ai trouvé sur ma route.
Problème majeur : je télécharge mes mangas.
Or, selon l'avis de ce même médecin, je n'ai pas le droit de passer plus de 8 heures par semaine devant un écran quel qu'il soit. J'ai clairement expliquer à ma mère que ça serait impossible. Que je m'améliorais avec seulement 3h par jour d'internet.
Ce qui est relativement facile, puisque je ne suis quasiment jamais sur internet. Je télécharge, puis je lis.
aha ! Subtile différence n'est ce pas ? Encore une fois, je fuis la réalité. Et pour continuer à fuir, je suis prête à tout. Même à m'auto-justifier comme ça.
Je fuis le fait que je n'ai plus de vie sociale depuis bien longtemps.
En fait non. C'est pas exactement ça.
Je ne fuis pas ce fait maintenant que j'en ai pris conscience.
Je fuis le changement de ma situation en ce moment. (ah.. quelle différence après tout, je fuis toujours.)
... alors que je veux que tout ça change.
N'essayez pas de comprendre. Moi-même je cherche encore pourquoi je fais tout ça.
Pourquoi je me donne tant de mal pour me faire accepter alors que je ne chérie plus mes amis ensuite.
Un éternel mystère.
Le deuxième moment où je me suis retrouvée face au fait accompli c'était au réveillon.
J'ai d'abord subtilement menti en prétendant que j'étais invitée à deux fêtes par des amis de la fac au Mans et que c'était trop loin pour que je puisse y aller. Mais passer la soirée chez mes parents ne pas particulièrement dérangée. C'est important aussi les moments en famille. C'est peut être un des derniers réveillons avec ma petite soeur ou avec mon père.
Mais quand au premier janvier, je n'ai reçu aucun sms de bonne année -hormis l'appel de ma mère et de mon oncle qui était avec elle-. J'ai finalement bien compris où en était ma vie sociale.
J'ai eu du mal à me remettre de cette nouvelle une nouvelle fois.
J'ai moi-même envoyé mes messages de bonne année un peu plus tard dans la semaine. (Le temps de digérer un peu).
Je n'ai pas pu fuir dans mes mangas cette fois là. Je n'ai pas pu parce que je ne voulais pas fuir.
Pour une fois.
J'étais en colère. En colère contre moi-même plus que contre quelqu'un en particulier.
Aujourd'hui, je ne me suis toujours pas pardonnée d'avoir fichu toutes ses amitiés en l'air.
Mais, je pense que ça ira mieux quand j'aurais de nouveau quelqu'un qui me sera cher. (En dehors de ma famille que j'aime aussi ! Je ne vous oublie pas. Si vous n'étiez pas là, je serais encore plus bas que maintenant.)
ça fait bizarre de penser que quelqu'un va peut être lire tout ce que je pense depuis un moment.
Rien de penser à ça me donne envie de tout effacer et de fermer la page.
Encore une fois, j'aurais bien fuis devant votre regard.
Mais bon, je vais faire une exception.
Ps: ça sert à rien de m'appeler, de m'écrire pour je ne sais quoi me dire. Je n'attends pas votre pitié.
Au contraire. Je préférai que vous pensiez à tout ça avec du recul.
Comme je ne me suis pas pardonnée, je ne me sens pas capable de renouer avec un de mes anciens amis.
Je crois que je ferais exactement la même chose encore. Je gâcherais la chance qui me serait offerte.
Alors ne tentez pas de revenir vers moi. Je ne ferais que vous faire souffrir inutilement.
Si vous n'êtes plus avec moi au jour d'aujourd'hui, c'est tout simplement parce qu'on grandit tous. On prend les chemins qu'on choisi de prendre.
Un jour j'ai choisi la solitude, je ne vous demande pas de juger ce choix ni d'avoir pitié de ce choix.
Je veux juste que vous sachiez que vous êtes tous pour moi une bouffée d'oxygène qui me permet d'avancer et d'avoir encore espoir en mon avenir.
Si j'ai eu des amis un jour, j'en aurais d'autres plus tard.
C'est la seule pensée qui me permet de rester entière, de ne pas me briser en mille morceaux.
Et c'est une pensée forte et puissante. C'est pourquoi je veux pouvoir regarder mes souvenirs en face un jour. Les regarder en face et pouvoir leur dire merci du fond du coeur, vous dire merci.
Un jour peut-être, ma vie croisera l'un de vous.
Quand ce jour arrivera, je ne sais vraiment pas comment je réagirais.
J'ai longtemps essayé d'imaginer.
Je pense que je ferais tout pour que vous ne me voyez pas d'abord.
Mais si c'est trop tard, alors je ne répondrais plus de rien.
Je ferais surement comme ci de rien n'était.
Comme je l'ai toujours fait ! (Et c'est la plus facile façon de fuir)
Avec le nombre de personnes qu'il y a sur terre, j'ose espérer en trouver au moins une qui me réapprendra à vivre pleinement.
La solitude est une compagnie agréable sur le court terme seulement.
Pour certain, ça va sembler une éternité, d'autres peu de temps.
Mais depuis huit mois (bientôt neuf), c'est la seule amie qu'il me reste.